Grossesses en milieu scolaire en Côte d’Ivoire

La question des grossesses en milieu scolaire reste une équation irrésolue. De nombreuses jeunes filles dont l’âge varie entre 13-17 ans sont obligées d’abandonner l’école à cause de leurs états.

Pour certaines, les parents sont sans compassion, ils leur demandent de faire un choix entre l’école et leurs bébés. Ainsi, quand elles optent pour les bébés, ils ne s’occupent plus de leur éducation scolaire.

Plus de 4.000 cas de grossesses précoces en milieu scolaire ont été enregistrés en 2017 en Côte d’Ivoire, a annoncé mardi le ministère de l’Education nationale, déplorant un « fléau préoccupant et persistant ».
« L’année scolaire 2016-2017 (en voie d’achèvement) révèle 4.471 cas de grossesse », selon les chiffres communiqués par la Direction stratégique, de la planification et des statistiques du Ministère ivoirien de l’éducation nationale.
1.153 filles âgées de 9 à 14 ans, 2.393 de 15 à 18 ans, et 920 jeunes femmes de plus de 19 ans sont tombées enceintes, précise le rapport intitulé « Statistiques scolaires de poche 2016-2017 ».
Le rapport a révélé 404 grossesses dans l’enseignement primaire en 2015-2016 contre 512 en 2014-2015. 51 cas de grossesse ont été dénombrés chez les moins de 12 ans et 353 chez les 12 ans et plus.
Ces chiffres, bien qu’importants, sont en baisse par rapport à l’année scolaire 2014-2015 où 5.992 cas de grossesses avaient été répertoriés dans les établissements d’enseignement primaire et secondaire du pays, et par rapport à 2013-14 (6.800 cas).
Le gouvernement ivoirien a élevé au rang de priorité la scolarisation des filles, qui s’élevait en 2017 à un taux de 55,8% pour les filles dans le primaire, contre 67,1% chez les garçons. Dans le secondaire, le taux de scolarisation des filles s’élevait à 24,6%, contre 33,1% chez les garçons.
Les grossesses précoces engendrent presque systématiquement la déscolarisation pour la jeune fille.
La ministre de l’Education Kandia Camara, qui mène depuis 2013 une lutte farouche contre ce phénomène, n’a pas hésité à pointer du doigt les enseignants, menaçant de « punir et radier sévèrement les auteurs » de grossesses en milieu scolaire.
Certains enseignants n’hésitent pas à profiter de leur autorité ou à monnayer des notes contre des services sexuels, une pratique surnommée les « NST » (Notes sexuellement transmissibles) en allusion aux MST (maladies sexuellement transmissibles). Le ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, à travers la Direction de la pédagogie et de la formation continue à initier depuis plus de 3 ans, la campagne

«Zéro grossesse à l’école», dont l’objectif à long terme est d’éradiquer le phénomène des filles mères en Côte d’Ivoire. Cela se traduit sur le terrain par l’éducation sexuelle dénommée leçon de vie. Le premier cours du premier trimestre de l’année scolaire 2015-2016 porte sur les grossesses précoces et la communication parents-enfants sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes.

Il s’agit à travers cette leçon les élèves d’amener les élèves à connaitre la définition et les caractéristiques d’une grossesse précoces, la définition et les caractéristiques de la communication parents-enfants, les causes et les conséquences des grossesses précoces. Sans oublier les stratégies de communication comme moyens de prévention des grossesses précoces, et surtout l’importance de la communication parents-enfants sur la sexualité.

Toutes ces actions menées par les autorités ivoiriennes et les ONG locales sont salutaires mais beaucoup restent encore à faire.

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